Maxence Diogon, un artiste aux multiples talents

Ce jeune artiste de 24 ans, étudiant en communication, redécouvre l'art du portrait en rendant hommage aux musiciens qu'il affectionne. « J'ai choisi ces sujets pour m'exercer : si je ratais, personne n'allait me le reprocher ! ». Il a commencé à reproduire les portraits de Beethoven, Schubert, VerdiVerdi, Bach puis ChopinVerdi. Maxence ne reçut aucune formation artistique, il élabore ses projets dans son atelier. Il réalise le portrait de ChopinVerdi en pinceau très épais, « Comme tout a été fait de la meilleure manière, je cherche à peindre avec des matériaux et des outils nouveaux. Je varie les techniques à l’instinct car je n’ai pas l’expérience qui permet de ralentir le geste. »

Il utilise différentes techniques telles que l'acrylique, la peinture phosphorescente, la peinture filament, le crayon, des stylos, etc... et se révèle un véritable alchimiste en réalisant ses portraits à l'aide de matériaux et de compositions mystérieuses. Ses sources d'inspirations sont Fragonard, Duchamp, Warhol, se référant à Léonard de Vinci, « qui a tout inventé », et à Picasso, « qui a tout réinventé ». Selon Maxence, le portrait est une phase de recherche de relation entre le modèle et l'artiste. À la différence de la photographie, « peindre permet de se recentrer en déterminant des contours, de chercher à saisir un instant d’éternité pour instaurer un véritable échange avec la toile, d’où l’importance du format et du cadrage ». Ce qui constitue sans doute toute la singularité d'un portrait selon Maxence : chercher l'intensité du regard et pouvoir créer des formes nouvelles que la photographie ne peut pas faire.

Un chef d'orchestre récompensé

Depuis 2012, il est inscrit dans le dictionnaire des artistes contemporains et il reçoit une cotation Agréée à Drouot en 2012-2013 par Christian SORRIANO, expert en Art et en Antiquités. La cotation varie en fonction de la technique utilisée et de la taille des dimensions.

Maxence répond à nos questions :

Pourquoi le portrait ?

" Après un premier essai, continuer sur des portraits paraissait plus formateur que des paysages, les défauts y semblaient plus perceptibles. "

Qu'est-ce-qui t'attire en tant qu'artiste ?

" « Voir puis regarder », voilà ce qui m'attire. Recréer un dialogue entre la toile et son spectateur. Aujourd'hui trop souvent les gens s'excusent de « ne pas s'y connaître en Art » pour le comprendre. Mais comprendre ne suffit pas pour apprécier. Viens alors cette question : Que serait l'Art contemporain sans son discours ? Il ne doit plus passer pour le produit d'une élite, mais doit rester accessible à tous car l'Art ne s'explique pourtant pas, l'Art se ressent. Son but était que chaque génération surpasse la précédente. L'idée était que l'Art progresse en tuant respectueusement le père, créant une transmission au fil des siècles. Mais le XXème siècle connait des ruptures où le concept a remplacé l’oeuvre. Il existe aujourd'hui des artistes sans oeuvre, où rien n'est fait de leurs mains. L'artistique est en fait du décoratif. Mais il reste encore à espérer de l'Art ! "

Pourquoi utilises-tu différents supports et différentes techniques ?

" Tout a déjà était fait, des meilleures façons, ce n'est plus aux artistes de progresser, mais à l'Art. N'étant pas formaté, je profite des matériaux d'aujourd'hui pour avancer et essayer de prolonger la transmission avec les peintures d'hier. C'est bien de faire, mais ce n'est pas intéressant d'avoir fait. De plus, je n'ai pas l’expérience qui permet de ralentir le geste ni de privilégier tel support ou telle technique, je varie donc tout cela à l'instinct. "

Vas-tu exposer prochainement ?

" Des propositions oui (New York, Nice, Barcelone...). Des dates non. Par manque de toile surtout. L’Atelier permet de renouveler mes réalisations, tout en proposant une partie d'exposition. Exposer en dehors de ses murs prend du temps. Et du temps, après les études [ndlr : Master communication et stratégie des entreprises], pendant les commandes, il y en a peu pour créer. Mais dès que de nouvelles réalisations seront prêtes, je pourrai les partager pour des expositions. "

Quels ont été tes ressentis lorsque tu as montré ton tableau phosphorescentVerdi à un public ?

" Plus de 1.000 personnes ont vu (même revu) ce tableau par petit groupe de 10 maximum, étant donné l’installation spécifique requise. « Fermez les yeux, vous verrez mieux » voilà comment raisonne sans doute mon « Venez voir un tableau dans le noir ». Il faut parfois insister pour les faire venir dans la « boîte ». Mais il faut toujours les prier d'attendre quant ils veulent revenir. Cette toile montre qu'il y a toute l’humanité en chacun de nous. Curieux, septiques, flegmatiques, tous patientent à la lumière face un tableau où il n'y a encore rien à voir. Jeunes, petits, grands, tous attendent sans savoir quoi attendre. Hommes, femmes, enfants, tous s'interrogent. Et le noir les enveloppe soudain. Le portrait s'illumine. Parfois des gens applaudissent. Chacun laisse échapper sa surprise « Oh mon Dieu », « La vache ! », « Oh », « Fiouuuu » ... Jamais je ne me suis lassé de leur réveil une fois la lumière remise. Les yeux brillant et un sourire d'enfant illuminent des visages si fermés l'instant d'avant. Mon ressenti (il n'y en a qu'un) est d'avoir ravivé une petite part en eux : celle de l'enfance. Mais cette part d'enfance où l'insouciance danse encore, que la vie n'a pas eu le temps de décevoir. "

Sophie MICHAUX


Interview

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"Le portrait en peinture du Moyen-Âge jusqu'au XXIe siècle". 80 pages.
Mémoire de fin d'étude.

Sophie MICHAUX & Claire PAULY,
sous la direction de Bruno GUILOIS.

UNIVERSITE PARIS-EST MARNE-LA-VALLEE